Sinfonia

Ballet pour

20 danseurs

Durée

28 minutes

Musique

Luciano Berio

Chorégraphie

Thierry Malandain

Décor et Costumes

Jorge Gallardo

Lumières

François Menou

Réalisation Costumes

Véronique Murat

Première

Le 9 avril 2021 • Teatro Victoria Eugenia Antzokia, Donostia-San Sebastián

Coproduction

Donostia Kultura – Teatro Victoria Eugenia Antzokia, Donostia-San Sebastián – Ballet T / CCN Malandain Ballet Biarritz

dossier artistique

Mêlant des fragments du livre de Claude Lévi-Strauss, le Cru et le cuit à des extraits de l’Innommable de Samuel Beckett, la Sinfonia pour huit voix et orchestre de Luciano Berio, fut créée à New York en 1968-69. Années des plus turbulentes aux États-Unis et en France, où « vivre sans contraintes et jouir sans entraves » se déclina en slogans. Mais aussi années de la grippe dite de Hong Kong, qui fit plus d’un million de morts dans le monde. La Planète était grippée, mais continua de tourner pour ne pas mourir d’oisiveté. Ces repères posés, sous l’insécurité originelle de la terre et des cieux, il était une fois un virus nommé Covid-19 qui possédait un grand royaume et de nombreux sujets. Couronné roi de l’effroi et soignant sa réputation, il jouait à la roulette russe avec les vies humaines tout en faisant tomber une ombre écrasante sur des valeurs suprêmes : les libertés, la vie sociale, le bien-être, la culture, l’amour. Pour le bien du monde, tout contact était devenu suspect, déconseillé, dangereux, dénoncé, sanctionné, incongru. Semant la terreur et s’offensant des voix discordantes, Covid-19 était une sacrée gâchette. De manière générale, même les contes à dormir debout ou les méchantes histoires ont une part d’enchantement destinée aux gobeurs de lune : un don du ciel ou un trésor enfoui. Celle dont nous parlons en raccourci, puisque chacun la connait dans les moindres détails, ne fait pas exception : le malheur des uns faisant le bonheur des autres, plus que jamais, les boursiers et les adorateurs du Veau d’or tiennent le haut du pavé. Quant à la fée Vaccina, au moment de la gestation de Sinfonia, elle ne portait pas encore au front son talisman, et quels que soient ses prodiges, sous l’égide d’un protocole sanitaire strict, obligation était de réduire les interactions sociales. En clair, s’enfermer pour travailler et ne laisser entrer personne. Par ce fait, aucun trait lumineux ne vient éclairer le ballet. Cela étant, privés de représentations depuis de longs mois, même confinés travailler fut une consolation : « l’oisiveté, jointe à l’ennui, tue l’âme et le corps » note J. M. Gerbaud, docteur en médecine et pharmacien, couronné en 1845 par la Société de médecine de Bordeaux pour son traité sur l’Influence du système cellulaire sur la santé et le moral des prisonniers. Et, ce dernier d’écrire encore : « Les partisans fanatiques de ce système, prétendent que le confinement solitaire est le plus efficace de tous les châtiments, à cause des privations qui l’accompagnent. […] Mais nous l’avons démontré, l’isolement continu, à longs termes, est une situation anormale, qui ravit par degrés les sentiments élevés et tous les attributs de la noblesse du caractère humain ». Réglée dans les ténèbres et les incertitudes du second confinement de l’année 2020, Sinfonia peut être regardée comme une pièce de circonstance. Sur une partition de Luciano Berio considérée comme un monument de la musique des années 60, il y est surtout question de frontière, barrière et limite, mais bien entendu, et selon la formule consacrée, toute ressemblance avec des événements réels ne pourrait être que fortuite. Thierry Malandain, janvier 2021
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